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Unite against the female genital mutilation !

Bafing KUL and Appolo Band: special show in Mali to defend Women Rights

  • Interview de Bafing Kul sur sa lutte contre l’excision

    <h3>Interview de Bafing Kul sur sa lutte contre l’excision</h3>

    Rencontre avec Bafing Kul

    Continuons à supporter le projet de concert au mali contre l’excision, en demandant à Bafing Kul de nous parler de son engagement pour le droit des femmes. Retour sur le rôle d’un artiste dans la société, sur les origines d’une prise de conscience et sur un Code la Famille qui aurait pu défendre les femmes maliennes… si il avait été promulgué.

    MilitantVibes : Peux tu nous parler de ta chanson « exciser c’est pas bon », écrite en partie en Bambara ?

    Bafing Kul : Je peux te parler d’”Exciser c’est pas bon”, qui a une partie en français et une autre en bambara. Elle me tient à coeur, l’excision est une véritable injustice contre toutes les femmes et envers l’humanité. Je dis dans cette chanson qu’il y a une coutume pour les femmes qui n’est pas bénéfique.

    J’explique que contrairement à ce que dis la coutume, la femme n’a pas besoin de passer par là pour être brâve ou digne, et que ni la religion ni la tradition ne demandaient cette pratique. Et même si elles le demandaient il ne faut pas pour autant suivre un tel comportement. Après tout la religion et la tradition sont faites pour servir l’humanité, si on sait qu’un point ne nous sert pas, il faut l’abandonner. Exciser c’est pas bon, exciser c’est mutiler, arrêtez de mutiler.

    MV : D’où t’es venue cette conviction ?

    BF : C’est une histoire personnelle, quand j’étais adolescent, j’avais une voisine, elle n’était pas excisée. C’était très rare au Mali. A l’école et au collège, on entendait des ragots sur elle, disant que n’étant pas exciser, elle était impure, et ceci et cela…
    Et pourtant, humainement, cette fille là c’était vraiment quelqu’un de bien, elle parlait avec tous le monde, elle était aimable et adorable. Je n’ai jamais compris pourquoi on s’en moquait. Plus tard, vers dix sept, dix huit ans, j’ai pris conscience que défendre l’excision par la religion ou la tradition, c’est une connerie. Elle vient de notre tradition, c’est vrai. Mais aujourd’hui on sait que c’est néfaste à la santé de la femme.

    Ce n’est pas qu’un problème sexuel. J’ai un exemple : exciser correspond chez l’homme à lui sectionner son sexe, au beau milieu. Certains pensent qu’exciser correspond à la circoncision, je leur répond que non. Et chez nous en Afrique, beaucoup de femmes meurent à l’accouchement, suites aux blessures de l’excision males cicatrisées.
    J’ai voulu dénoncé tout ça et au début ça a été très dur. Vous savez, je pense que c’est tout de même notre role d’artiste. Je ne suis pas griot. On est là pour relater la réalité de notre société, pour provoquer la prise de conscience.

    MV : As tu rencontré des problèmes avec les griots ?

    BF : Non je n’ai pas rencontré de problème avec les griots. Quand je dis que « je ne suis pas griot », c’est parce qu’ils ont un rôle essentiel dans la société malienne, mais qui n’est pas le mien. Par exemple, je vois mal un griot au Mali dire qu’il faut arrêter d’exciser, vue qu’il est au service de la société et qu’au Mali celle ci est en grande majorité favorable à l’excision. Les artistes eux peuvent le faire, car ils ne dépendent pas de la société. Sinon grand respect aux griots, si la mémoire de l’afrique existe aujourd’hui, c’est grâce aux griots.

    MV : Tu as participé à Africa Women’s Right ?

    BF : J’ai supporté ce mouvement car il y a deux ans au Mali, le code de la famille a été voté par l’assemblée nationale et le président de la république a refusé de promulguer ce texte. Pourquoi ? Parce que les islamistes sont descendus dans la rue. Il faut arrêter ça, parce que pour moi le Mali est un pays Laïc. L’islam n’est pas la tradition, il ne faut pas avoir honte de le dire. Moi je suis croyant personnellement, je suis musulman et ça ne m’empêche pas de dire que l’islam n’est pas la tradition malienne. Donc de quel droit ces islamistes descendent dans la rue pour dire qu’il ne faut pas donner de droits aux femmes ? Il faut respecter sa mère. Mais quand il s’agit de donner des droits à vos mères, ou à nos mères ou à vos soeurs, certains groupes marchent dans la rue, vous trouvez ça normal ? Il y a un problème. Soyons réalistes, les femmes ont des droits comme les hommes. Le président au Mali n’a pas encore promulgué cette loi alors qu’il a nommé une femme comme premier ministre. J’espère que ça n’est pas de la poudre aux yeux.

    Luttons contre l'excision

    Interview réalisée par Djezz

  • Lettre de Recommandation du Centre Djoliba ONG Malienne

    Centre   DJOLIBA

    Département Formation

    Volet « Santé de la Reproduction »

    BP 298 BAMAKO, Mali

    Tél. (223) 222 83 32

    Fax (223) 222 46 50

    Email : [email protected]

                                                Monsieur Bafing Coulibaly

                                                Artiste, musicien et compositeur

    Lettre de  recommandation 

    L’excision est l’une des pratiques traditionnelles les plus vieilles de la société malienne. Elle consiste en l’ablation du clitoris et ou des petites lèvres de l’appareil génital féminin. L’excision se pratique dans toutes les régions du Mali. Selon les chiffres de l’enquête démographique de Santé réalisée au Mali en 2001, 91,6 % des femmes de 15 à 49 ans sont excisées.

    L’excision est l’une des causes de mortalité maternelle et infantile de par ses conséquences sur le plan santé ( les  hémorragies, les infections aiguës et chroniques y compris le VIH/sida, les infections, les dysménorrhées douleurs pendant les règles, les dystocies obstétricales, la souffrance fœtale, les fistules vésico-vaginales, les fistules recto vaginales sur le plan psychologique). L’excision viole également les principes fondamentaux des droits de l’enfant et de la femme. L’excision étant une mutilation, elle porte atteinte à l’intégrité du corps de la femme. C’est aussi une forme d’injustice à l’égard de la femme puisque sa finalité c’est de réduire la sensibilité de la femme.

    L’excision est souvent assimilée à une obligation de la religion musulmane au Mali. Elle est vue comme une purification indispensable aux femmes musulmanes tout comme la circoncision chez le garçon.

    Le gouvernement du Mali a reconnu l’excision comme un problème de santé publique et cette volonté s’est traduite par la ratification des conventions internationales sur l’enfant et les discriminations contre les femmes, la création d’un ministère de la Promotion de la Femme de l’Enfant et de la Famille et du Comité National d’Action pour l’Abandon des Pratiques Néfastes, la mise en place d’un Programme National de Lutte contre l’Excision.

    La lutte contre l’excision au Mali est en cours il y a plus de deux décennies. Le Centre DJOLIBA est la première structure non gouvernementale qui dès 1983 a osé aborder la question dans un pays dont les opinions pour la poursuite de cette coutume  est de 80,3 % et cela est soutenue par des arguments d’ordre religieux et culturels.

    La lutte contre cette pratique a connu d’énormes problèmes entre 1998 et 2000, la volonté politique n’étant pas trop engagée et le climat religieux surtout musulman peu favorable. C’est à cette même période qu’il était interdit d’utiliser les médias de l’Etat pour faire passer des messages(presse écrite ,télévision et radio). Cette époque fut également l’heure des grandes menaces envers les actions d’information, de sensibilisation et de formation pour l’abandon de l’excision. C’est dans ce climat peu favorable que l’artiste Bafing Coulibaly approcha le Centre DJOLIBA pour voir avec cette association ce qu’il pouvait apporter pour apaiser le cœur des Maliens et Maliennes en faisant découvrir les vraies conséquences de l’excision.

    Bafing devenu ainsi le tout premier artiste à oser se lancer dans la recherche de solution à un problème douloureux de santé et de droit de la personne dans un contexte extrêmement difficile à l’époque. Sa chanson intitulée la «  démystification « fut produite en plus de 1000 exemplaires et diffusées à travers tout le pays. Comme son non l’indique, cette cassette a contribué au changement des mentalités. Après Bafing, plusieurs artistes ont emboîté le pas. L’exemple de Bafing est salutaire dans la mesure où il  a donné le ton aux autres artistes de s’investir dans cette  lutte. Pour un problème aussi ancré  et sensible la formation à la mentalité doit se faire avec plusieurs approches. Le chant est l’une des méthodes les plus appréciées pour contribuer à cela. De par son courage et sa conviction, Bafing a osé cet engagement

     sans crainte et malgré les critiques oui menaces encouru. Toutes les ONG maliennes lui doivent cette reconnaissance et particulièrement les petites filles qui ont été sauvées grâce à son message.

    Fait à Bamako, le 6 mai 2004

    MmeKONE Virginie MOUNKORO,                                        Francis VERSTRAETE,

    Responsable « Volet MGF »                                           Directeur Général

  • You will recieve "Yelen" the 11 songs album by Baging Kul

    Give, Get, You will recieve "Yelen" the 11 songs album by Baging Kul

  • Concert contre l'excision Episode 1

  • Why the approach of “education and information” leads to complicity in Female Genital Mutilation

    http://www.taskforcefgm.de/en/2011/07/english-why-the-approach-of-education-and-information-leads-to-complicity-in-female-genital-mutilation/